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(LEAD) Le rapatriement de la fille d'un diplomate nord-coréen agite la scène politique italienne

21.02.2019 à 14h28

ROME/SEOUL, 21 fév. (Yonhap) -- Une mystérieuse affaire impliquant un ancien envoyé nord-coréen en Italie et sa famille a attisé les tensions politiques dans le pays européen après le rapatriement de sa fille adolescente.

Jo Song-gil a quitté son poste de chargé d'affaires à l'ambassade de Corée du Nord à Rome en novembre dernier et a disparu avec son épouse dans le cadre de ce qui semble être une demande d'asile.

L'incident a été signalé pour la première fois par un journal basé à Séoul au début de cette année et les services de renseignement de la Corée du Sud ont confirmé, lors d'un briefing à huis clos pour les députés, que Jo avait disparu.

Le ministère italien des Affaires étrangères a tardivement confirmé avoir reçu une notification officielle le 20 novembre indiquant que Jo avait été remplacé par un diplomate nommé Kim Chon.

Jo Song-gil, ancien chargé d'affaires de la Corée du Nord à Rome, image fournie par Yonhap News TV.

On ignore où se trouvent Jo et son épouse.

Le gouvernement italien a précédemment déclaré n'avoir reçu aucune demande d'asile de Jo, mais n'a pas souhaité fournir davantage de détails. Les observateurs diplomatiques soulignent la possibilité que Jo pourrait se trouver dans un autre pays européen.

Le sort de leur fille, qui aurait 17 ans, attire également l'attention. L'affaire évolue vers une fracture diplomatique mais également une querelle politique en Italie.

Au cours d'une conférence de presse tenue mercredi à Séoul (heure locale), Thae Yong-ho, ancien ambassadeur adjoint de Corée du Nord en Grande-Bretagne, qui a fait défection en Corée du Sud en 2016, a déclaré que Jo n'a pas pu emmener sa fille avec lui lorsqu'il s'est échappé de l'ambassade de Rome.

Thae a ajouté que la lycéenne avait été emmenée à Pyongyang via Pékin et qu'elle était maintenant en détention, entraînant des rapports de médias affirmant qu'elle a été rapatriée par la force.

Le ministère italien des Affaires étrangères a ensuite annoncé qu'il avait été informé le 5 décembre du fait que Jo et son épouse avaient quitté l'ambassade le 10 novembre.

«Leur fille, ayant exprimé le souhait de retourner dans son pays pour y vivre avec ses grands-parents, y était retournée le 14 novembre 2018, accompagnée de membres du personnel féminin de l'ambassade», a déclaré le ministère dans une déclaration citant le même communiqué. Cela n'a pas clarifié la source de l'information.

L'incident a fait des vagues dans la scène politique locale.

«Les services de renseignement nord-coréens ont-ils kidnappé la fille de l'ambassadeur Jo Song-gil ? Un incident très grave», a tweeté Maria Edera Spadoni, une responsable du Mouvement 5 étoiles (M5S). Spadoni a exhorté le vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, chef du parti de la Ligue, partenaire du M5S dans la coalition au pouvoir, à présenter un rapport au Parlement «dans les meilleurs délais».

Un haut responsable du ministère a reproché à l'Italie de ne pas avoir protégé la fille de Jo.

Si les informations faisant état d'un rapatriement forcé sont confirmées, cela «serait d'une gravité sans précédent», a écrit le sous-secrétaire Manlio Di Stefano, également membre du M5S, sur Facebook. «Les responsables de cela paieront, vous pouvez en être sûr. Elle risque maintenant d'être torturée par l'un des pires régimes du monde», a-t-il ajouté.

Il a comparé cette affaire à celle de l'expulsion illégitime, en 2013, de l'épouse et de la fille d'un banquier dissident kazakh de leur domicile à Rome.

Riccardo Noury, porte-parole d'Amnesty International à Rome, a écrit sur Twitter : «Les autorités italiennes doivent fournir des éclaircissements.»

Cependant, Antonio Razzi, un ancien parlementaire italien de centre-droit connu pour sa connaissance des questions nord-coréennes, a écarté les informations rapportées, affirmant que la fille de Jo avait un «handicap», avait été abandonnée par ses parents et était maintenant en sécurité chez ses grands-parents.

«Ces deux misérables ont laissé leur fille seule. C'est une enfant et elle souffre d'un handicap», aurait déclaré Razzi à l'agence de presse italienne Adnkronos. «Il est normal qu'elle ait été renvoyée chez ses grands-parents.»

lp@yna.co.kr

(FIN)

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