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(FOCUS) Un an après le sommet du 27-Avril : net changement dans les relations intercoréennes mais toujours un chemin houleux

26.04.2019 à 11h47
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Bureau de liaison à Kaesong

SEOUL, 26 avr. (Yonhap) -- Les relations intercoréennes se sont améliorées de façon notable depuis le premier sommet historique entre le président Moon Jae-in et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un il y a un an avec une multiplication des échanges transfrontaliers après une longue période de gel des relations intercoréennes.

Cela dit, les deux Corées font face aujourd'hui encore à un chemin houleux alors qu'un bon nombre de projets transfrontaliers conjoints restent en suspens, entravés par l'impasse dans les négociations de dénucléarisation entre Washington et Pyongyang, ont estimé des experts.

Le premier sommet qui a eu lieu le 27 avril 2018 au village de la trêve de Panmunjom a enfanté la déclaration commune de Panmunjom dans laquelle les deux parties sont convenues d'œuvrer à la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne, d'améliorer les relations intercoréennes, d'apaiser les tensions militaires et d'accroître les échanges et la coopération intercoréens.

«Jusqu'à la fin de 2017, les tensions se sont intensifiées fortement alors que la Corée du Nord continuait ses provocations balistiques et nucléaires et que certains parlaient même d'options militaires», a déclaré Hong Min, chercheur de l'Institut coréen pour l'unification nationale (KINU). «Désormais, les tensions se sont quelque peu dissipées.»

«Nous discutons actuellement des moyens de réaliser une paix durable et la dénucléarisation en détail sans les soucis qui nous avaient saisis autrefois, un énorme revirement pour nous qui est attribuable au sommet d'avril», a-t-il ajouté.

Le sommet d'avril a non seulement marqué le début d'une frénésie diplomatique intercoréenne tout au long de l'année dernière mais a aussi aidé à apaiser l'hostilité qui a hanté la péninsule coréenne pendant des années et à redémarrer des contacts et échanges qui avaient été suspendus longtemps.

Selon le ministère de l'Unification, en charge des affaires intercoréennes, les deux Corées ont tenu 36 réunions gouvernementales l'année dernière dont deux autres sommets entre Moon et Kim en mai et septembre.

Le nombre de Sudistes et Nordistes qui ont traversé la frontière intercoréenne après avoir reçu l'autorisation du gouvernement a bondi à 7.498 personnes l'an passé comparativement aux 115 de l'année précédente, a indiqué le ministère.

Les deux Corées ont organisé des réunions de familles séparées par la guerre de Corée (1950-1953) pour la première fois en près de trois ans en août dernier. Des membres de 100 familles de chaque côté ont pu retrouver leurs proches dans le complexe hôtelier du mont Kumgang, sur la côte est du pays.

Ils ont aussi mené des enquêtes conjointes en vue d'examiner l'état de routes et voies ferrées au Nord dans le cadre des efforts destinés à mettre en œuvre l'accord du sommet d'avril afin de moderniser et relier des infrastructures de transport à travers la frontière intercoréenne. Des réunions similaires ont eu lieu pour accroître la coopération dans les domaines de la forêt, de la communication et du sport.

Dans le but de renforcer les échanges et contacts en maintenant ouvert le canal de communication 24h/24, les deux Corées ont lancé un bureau de liaison conjoint à la ville frontalière nord-coréenne de Kaesong en septembre dernier.

Ces échanges transfrontaliers sont récemment en perte de vitesse suite au manque de progrès dans le dossier nucléaire.

Des inquiétudes selon lesquelles ce ralentissement pourrait se prolonger suite à l'échec du sommet de février entre le dirigeant nord-coréen et le président américain Donald Trump grandissent. Le sommet s'est achevé sans accord alors que les deux pays ne sont pas parvenus à trouver un terrain d'entente sur les mesures de dénucléarisation de Pyongyang et l'allègement des sanctions de la part de Washington.

Dans un contexte d'impasse dans les négociations de dénucléarisation et de peu de signe d'un allègement ou d'une levée immédiate de sanctions contre Pyongyang, une bonne partie de projets intercoréens sont suspendus.

Sur le plan de la coopération économique, peu de progrès ont été réalisés face à la forte opposition de Washington.

Les efforts de Séoul visant à redémarrer les activités du complexe industriel de Kaesong et les circuits touristiques au mont Kumgang peinent à porter leurs fruits face à la position américaine.

Séoul souhaite renforcer la coopération économique intercoréenne avec l'espoir de la voir favoriser le climat de paix et encourager le Nord à abandonner son programme d'armes nucléaires.

Pyongyang est irrité par de tels reports et appelle Séoul à ne pas se soucier des Etats-Unis et à agir de manière plus active pour mettre en œuvre les projets conjoints convenus.

Le mois dernier, le Nord a retiré subitement l'ensemble de son personnel du bureau de liaison de Kaesong avant d'envoyer à nouveau certains d'entre eux quelques jours plus tard sans fournir d'explications claires à ce retrait.

Des observateurs estiment que cet incident signifie l'insistance de Pyongyang pour que Séoul en fasse davantage pour influencer les Etats-Unis et aider à apaiser les sanctions faisant blocage à une coopération transfrontalière à part entière.

Les deux Corées n'ont pas tenu de réunion hebdomadaire entre les coprésidents du bureau de liaison pendant près de deux mois.

Vraisemblablement pour exprimer son mécontentement face à l'impasse actuelle dans les relations intercoréennes, le dirigeant nord-coréen a appelé la Corée du Sud à arrêter de chercher à jouer le rôle de médiateur dans les discussions de dénucléarisation mais à exprimer ses propres opinions en tant que «partie prenante» pour défendre les intérêts du peuple des deux Corées.

Afin de mettre fin à cette impasse et d'aider à relancer les négociations de dénucléarisation, Moon a récemment fait part de son souhait d'organiser un quatrième sommet intercoréen mais le Nord n'a pas encore répondu à la proposition.

Des experts estiment que cette situation montre clairement la dépendance des relations intercoréennes aux progrès dans les discussions de dénucléarisation entre Washington et Pyongyang.

«Etant donné que le dossier nucléaire est une question internationale, il y a une limite dans la marge de manœuvre qu'ont les deux Corées», a noté Lee Eun-chul, professeur de l'Institut des études extrême-orientales de l'université de Kyungnam. «Nous avons vu une nouvelle fois que les relations intercoréennes sont dictées par les discussions nucléaires.»

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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