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(2e LD) Pour Séoul, le Japon ne peut pas devenir membre officiel de l'UNC

11.07.2019 à 22h22

SEOUL, 11 juil. (Yonhap) -- Le Commandement des Nations unies (UNC) cherche à inscrire le Japon comme un membre officiel, ont dit jeudi des sources, ce qui pourrait enflammer l'opinion publique sud-coréenne dans un contexte de renouvellement des tensions autour de l'histoire avec le Japon.

Si le Japon participe aux activités de l'UNC comme un «Etat d'envoi», cela lui permettrait d'intervenir militairement en cas de conflit armé dans la péninsule, un scénario impensable pour la majorité des Coréens qui ont gardé une rancune datant du régime colonial japonais (1910-1945).

Hormis la Corée du Sud et les Etats-Unis, l'UNC compte 16 pays d'envoi qui fournissent des troupes de combat, équipements et d'autres formes de soutien en cas de besoin dans la péninsule.

Les Etats d'envoi comprennent l'Australie, la Belgique, le Canada, le Danemark, la France, l'Italie et la Nouvelle-Zélande. Ils envoient des soutiens à l'UNC pour ses opérations centrées sur l'observation et l'application de l'armistice qui a mis fin à la guerre de Corée (1950-1953).

«Le Japon n'a pas participé à la guerre de Corée, il ne peut donc pas jouer de rôle en tant qu'Etat d'envoi», a dit le colonel Roh Jae-cheon, porte-parole adjoint du ministère, lors d'un point de presse, en citant les résolutions 83 et 84 de l'ONU.

En soulignant que la Corée du Sud n'a pas discuté avec les Etats-Unis d'une participation du Japon, ni examiné ce cas de figure, il a ajouté que, à sa connaissance, les Etats-Unis avaient une position similaire sur le sujet.

Ce mouvement intervient dans un contexte où sont montées les tensions entre la Corée du Sud et le Japon, causées par la récente restriction d'exportations du Japon, considérée comme une mesure de représailles suite au verdict rendu l'année dernière par la Cour suprême sud-coréenne contre des entreprises japonaises pour le travail forcé en temps de guerre.

Plus tard dans la journée, l'UNC a rejeté cette allégation, disant dans un communiqué de presse n'avoir «pas proposé la désignation d'Etat d'envoi, et le Japon ne l'a pas demandée.»

Soulignant qu'il n'existe «aucun plan pour faire de l'UNC un commandement opérationnel», l'organisme a promis «une transition stable vers un nouveau système de défense combiné» suite au transfert prévu du contrôle opérationnel en temps de guerre des troupes coréennes de Washington à Séoul.

«L'UNC s'efforce de travailler de manière transparente et efficace avec nos membres participants et la république de Corée», a déclaré le général Robert Abrams, commandant de l'UNC.

Le siège du Commandement des Nations unies (UNC) à Pyeongtaek, dans la province du Gyeonggi, à 70 kilomètres au sud de Séoul. (Photo d'archives Yonhap)

Dans le cadre de ses efforts de «revitalisation», l'UNC cherche à renforcer sa structure opérationnelle avec davantage de contributions et d'efforts des 16 Etats d'envoi afin d'attirer plus de participation extérieure.

«Je sais que l'UNC travaille pour voir si d'autres pays sont intéressés à y adhérer, mais cela est aussi en cours. Rien n'a été encore confirmé», a dit par téléphone un officiel de l'UNC à l'agence de presse Yonhap.

Le Japon abrite déjà plusieurs bases arrière de l'UNC qui peuvent être mobilisées en cas de crise en Corée.

A propos des références américaines sur le rôle du Japon au sein de l'UNC, apparues dans la dernière édition du magazine annuel des Forces américaines en Corée du Sud, le ministère sud-coréen a indiqué qu'il semble y avoir une «mauvaise traduction» de l'anglais vers le coréen.

Dans la version anglaise de «Strategic Digest 2019», les Etats-Unis disent que l'UNC «continue à s'assurer un soutien et une force militaire via le Japon qui pourraient être nécessaires en cas de crise». Cependant, la version coréenne dit qu'il continue à s'assurer un soutien et une force militaire «avec» le Japon.

Depuis 2014, l'UNC mène une campagne de revitalisation en cherchant à approfondir son engagement pour «maintenir la stabilité et la paix en Corée en employant des forces multinationales des Etats d'envoi», a-t-il indiqué.

Dans le cadre de cette campagne, l'UNC a renforcé les capacités de son personnel en s'assurant plus de contributions des Etats membres et de hauts officiels travaillant à temps plein pour l'UNC.

La campagne s'est accélérée dans un contexte d'intensification des tensions entre la Chine et les Etats-Unis, de discussions pour le transfert prévu à Séoul du contrôle opérationnel (OPCON) en temps de guerre et d'efforts pour un régime de paix durable dans la péninsule qui pourraient rendre l'UNC obsolète.

Certains analystes ont dit que cette initiative semble viser à assurer l'état de préparation de l'effectif militaire de l'UNC, à amplifier l'influence des Etats-Unis dans la péninsule ou à préserver l'ordre sécuritaire dans la région dirigé par Washington, qui est à son tour menacé par la Chine.

mjp@yna.co.kr

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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