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(2e LD) Travail forcé : Tokyo qualifie le rejet par Séoul d'une proposition d'arbitrage de «très regrettable»

19.07.2019 à 16h28
Diplomates sud-coréen et japonais

TOKYO/SEOUL, 19 juil. (Yonhap) -- Le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono a convoqué ce vendredi l'ambassadeur de Corée du Sud à Tokyo Nam Gwan-pyo en signe de protestation après que Séoul a rejeté l'appel de son gouvernement pour la formation d'un panel d'arbitrage sur le travail forcé en temps de guerre sur fond d'escalade des tensions entre les deux pays.

Tokyo avait fixé hier comme la date limite en demandant à Séoul de répondre à sa proposition du 19 juin de former un groupe composé de trois membres de pays tiers. Séoul a rejeté la proposition en soulignant que la question doit être résolue à travers un dialogue diplomatique plus tôt qu'un processus de règlement de différends.

Kono a qualifié le rejet par Séoul de la proposition de son gouvernement de «très regrettable». «Il est problématique que (Séoul) laisse perdurer la situation de violation du droit international», a-t-il déclaré.

Kono a déclaré plus tôt que le Japon «élaborera des mesures nécessaires compte tenu de la gravité de l'actuel état bilatéral causé par Séoul.»

«Nous exhortons fermement une nouvelle fois le gouvernement sud-coréen à mettre en œuvre des mesures concrètes pour corriger la situation dans laquelle il a violé le droit international», a-t-il ajouté.

La querelle autour du travail forcé a commencé après que la Cour suprême sud-coréenne a ordonné à des sociétés japonaises de dédommager des victimes. Tokyo a condamné fermement les verdicts en avançant que toutes les questions liées à la réparation ont été réglées en vertu d'un traité de 1965 que les deux pays ont signé lorsqu'ils ont normalisé leurs relations diplomatiques.

En représailles, Tokyo a imposé plus tôt ce mois-ci des restrictions sur les exportations de matériaux de haute technologie vers la Corée du Sud et pourrait prendre de nouvelles mesures de représailles économiques, comme l'exclusion de la Corée du Sud d'une liste blanche de pays bénéficiant d'un traitement préférentiel dans les procédures commerciales.

En réponse, Séoul a affirmé ne pas pouvoir accepter l'appel du Japon pour la formation d'un panel d'arbitrage et a sommé Tokyo de coopérer en vue de résoudre la question à travers la diplomatie.

«Nous ne pouvons pas accepter la revendication unilatérale et arbitraire du gouvernement japonais concernant la procédure de règlement du différend et nos verdicts judiciaires et nous ne voyons pas la nécessité de nous plier à sa demande (d'arbitrage)», a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

«Pour résoudre véritablement la question, le Japon doit déployer des efforts pour regarder en face l'histoire malheureuse et essayer de soigner les souffrances et plaies laissées aux victimes.»

Le ministère a de même noté que Séoul restait disposé à discuter avec Tokyo pour une «solution rationnelle satisfaisant les victimes et les peuples des deux parties» et espérait que Tokyo retirera les pressions unilatérales comme les restrictions d'exportations à caractère de représailles et reviendra à la table du dialogue.

La Corée du Sud affirme ne pas pouvoir intervenir dans les litiges civils en notant qu'elle respecte les décisions de la justice en vertu du principe constitutionnel garantissant la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Dans le cadre des efforts destinés à trouver une issue à cette question épineuse, Séoul a proposé le mois dernier la création par des sociétés sud-coréennes et japonaises d'un fonds commun destiné à indemniser les victimes du travail forcé. Tokyo a toutefois rejeté immédiatement cette offre.

Lors de la réunion d'aujourd'hui, le ministre japonais et l'ambassadeur sud-coréen ont échangé des propos durs.

Kono a avancé que ce que la Corée du Sud est en train de faire revient à «renverser l'ordre international depuis la Deuxième Guerre mondiale» et a demandé que Séoul prenne des mesures pour corriger la situation.

En réponse, Nam a dit qu'il transmettrait au gouvernement à Séoul ce que le ministre a dit. L'ambassadeur a également déclaré que les «mesures unilatérales» du Japon sapaient les fondements des relations Corée-Japon et que les deux parties devaient chercher à résoudre la question à travers le dialogue.

Nam a dit que la question actuelle du travail forcé était une question civile entre particuliers et qu'il était difficile de préjuger ses résultats. Il a souligné que le gouvernement sud-coréen faisait tout son possible pour aider à clôturer le contentieux sans affecter les relations bilatérales.

Aussi tôt que l'ambassadeur a rappelé la récente proposition de Séoul pour l'indemnisation des victimes, Kono l'a interrompu et dit que la proposition était complètement inacceptable. Kono a en outre accusé Séoul d'avoir formulé la proposition, tout en sachant que le Japon ne l'acceptera pas. Il a décrit l'attitude de Séoul comme un «manque de respect extrême».

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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