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Les chefs de la défense sud-coréen et japonais discutent de l'expiration du GSOMIA

17.11.2019 à 14h35

BANGKOK, 17 nov. (Yonhap) -- Les chefs de la défense de la Corée du Sud et du Japon ont tenu ce dimanche des discussions en tête à tête tendues en Thaïlande, à quelques jours de l'expiration prévue de leur Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA), a annoncé le ministère de la Défense.

La rencontre entre le ministre sud-coréen de la Défense, Jeong Kyeong-doo et son homologue japonais, Taro Kono, a débuté à 10h à Bangkok, la capitale thaïlandaise, en marge de la sixième réunion des ministres de la Défense de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) Plus (ADMM-Plus).

Il s'agit de la première réunion entre les ministres de la Défense des deux voisins depuis que la Corée du Sud a annoncé sa décision de mettre fin au pacte de partage de renseignements militaires entre Séoul et Tokyo en août. L'accord doit expirer le 23 novembre, à moins que la Corée du Sud ne revienne sur sa décision d'y mettre fin.

Le ministre sud-coréen de la Défense, Jeong Kyeong-doo (à dr.), et son homologue japonais, Taro Kono, tiennent des pourparlers bilatéraux à Bangkok, la capitale thaïlandaise, le 17 novembre 2019.

Kono, le visage sombre, est entré dans la salle de réunion en refusant de répondre aux questions des journalistes à propos d'une éventuelle nouvelle suggestion de la part du Japon et de son état d'esprit quant au sort du GSOMIA.

«Je suis désolé que les relations (Séoul-Tokyo) soient au plus bas. J'espère, via cette occasion, que les deux pays amélioreront leurs relations ensemble par le biais de la coopération en matière de défense», a déclaré Jeong dans son allocution d'ouverture.

Rappelant la situation de sécurité «très difficile» en Asie du Nord-Est après les essais de missiles par la Corée du Nord, entre autres, Kono a appelé à «des échanges et une coopération entre le Japon et la Corée du Sud», ainsi qu'à une coordination politique étroite entre Séoul, Washington et Tokyo.

Le ministre sud-coréen de la Défense, Han Min-koo (à dr.), et l'ambassadeur du Japon en Corée du Sud, Yasumasa Nagamine, signent l'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA) lors d'une cérémonie tenue au ministère de la Défense à Séoul le 23 novembre, 2016. (Photo fournie par le ministère de la Défense. Revente et archivage interdits)

En août, la Corée du Sud a décidé de mettre fin à cet accord de trois ans en réponse aux restrictions d'exportation imposées par le Japon, citant des questions de sécurité. Ces mesures sont considérées comme des représailles politiques suite à des verdicts rendus l'année dernière par la Cour suprême sud-coréenne contre des entreprises japonaises ayant imposé le travail forcé en temps de guerre.

Le Japon veut maintenir le pacte et les Etats-Unis ont également appelé à son renouvellement. Cependant, la Corée du Sud a maintenu la position selon laquelle tout réexamen ne serait possible que si le Japon changeait d'abord de cap.

A l'approche de l'échéance, les réunions de dimanche pourraient constituer la dernière chance pour la Corée du Sud et le Japon de parvenir à un compromis sur la question.

Tokyo n'a toutefois montré aucun signe de retrait de ses restrictions à l'exportation à l'encontre du Sud. Selon le journal japonais Yomiuri Shimbun, le Japon a même notifié aux Etats-Unis sa décision de ne pas accéder à la demande de la Corée du Sud.

Des manifestantes sud-coréennes participent à une veillée aux chandelles pour demander l'abolition de l' Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA), un pacte de partage de renseignements entre la Corée du Sud et le Japon, près de l'ambassade du Japon à Séoul, le 16 novembre 2019. (AP=Yonhap)

Dans ces circonstances, le rôle que les Etats-Unis peuvent jouer attire également l'attention.

Plus tard dans la journée, Jeong et Kono rejoindront le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, pour des pourparlers trilatéraux, selon le ministère.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec Jeong à l'issue de leurs entretiens bilatéraux à Séoul vendredi, Esper a appelé ses deux alliés asiatiques à «s'asseoir et à surmonter leurs différends», car la suppression de cet outil de sécurité clé ne profiterait qu'à la Corée du Nord et à la Chine.

Jeong a rencontré son homologue japonais à Singapour pour la dernière fois en juin, et la réunion trilatérale entre les plus hauts responsables de la défense des trois pays s'est également tenue en juin.

Ce dimanche, le ministre sud-coréen de la Défense devrait également avoir des entretiens bilatéraux avec ses homologues chinois, néo-zélandais, indonésien et thaïlandais afin d'explorer les moyens de renforcer leurs liens de défense, a annoncé le ministère.

L'événement multilatéral de deux jours, qui se déroulera jusqu'à lundi, réunira des hauts responsables de la défense des pays de l'Asean et de huit Etats membres, à savoir la Corée du Sud, les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Russie, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Inde.

Lors d'une séance plénière lundi, Jeong prononcera un discours sur le processus de paix du gouvernement avec la Corée du Nord et demandera un soutien international pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne et la volonté de transformer la zone démilitarisée (DMZ) en une zone de paix, a indiqué le ministère.

Dans son discours prononcé lors de la session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York en septembre, le président Moon Jae-in a proposé de transformer la DMZ qui sépare les deux Corées en une zone de paix mondiale, estimant que le plan fournirait une garantie institutionnelle et réaliste de la sécurité de la Corée du Nord.

L'ADMM-Plus a été lancé en 2010 pour aider les pays participants à renforcer leurs capacités afin de mieux relever les défis de sécurité communs et de promouvoir la confiance mutuelle, a déclaré son organisateur. Auparavant, elle était organisée tous les deux ou trois ans mais depuis l'année dernière, c'est devenu un événement annuel.

as26@yna.co.kr

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