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Gros plans

(FOCUS) La Corée du Sud toujours en alerte malgré la diminution des nouveaux cas de coronavirus

17.02.2020 à 11h49
Une employée du Centre médical national (NMC) à Séoul assiste des patients, le 10 février 2020.
Un voyageur étranger à l'aéroport international d'Incheon, le 9 février 2020.

SEOUL, 17 fév. (Yonhap) -- Alors que le nombre de nouveaux cas de contamination au Covid-19 semble montrer un ralentissement en Corée du Sud, les autorités de santé et les experts locaux affirment que le nouveau coronavirus n'est pas encore sous contrôle alors que le premier patient dans le pays a été rapporté il y a près d'un mois.

Ce lundi matin, la Corée du Sud a rapporté un 30e cas depuis le premier enregistré le 20 janvier. Parmi les patients, 24 sont de nationalité sud-coréenne et les six autres sont Chinois.

Les Centres coréens pour le contrôle et la prévention des maladies (KCDC) ont précisé que neuf d'entre eux ont été libérés de la quarantaine après une guérison complète.

Le nombre de nouvelles contaminations avait fortement augmenté en Corée du Sud jusqu'à début février depuis la confirmation du premier cas, une Chinoise de 36 ans originaire de Wuhan, le foyer de l'épidémie.

Le pays a rapporté de nouveaux cas pendant six jours d'affilée à partir du 1er février, dont cinq pour la seule journée du 5 février et trois autres le 6.

Le nombre total de personnes qui ont subi des tests depuis le 3 janvier vient de dépasser les 8.000 (8.171 ce matin). Il a fortement bondi la semaine dernière en raison en partie de la distribution de kits de détection du coronavirus permettant d'avoir des résultats en seulement six heures.

Parmi elles, 7.733 ont été testées négatives. Actuellement, 408 sont en quarantaine et subissent des tests de dépistage du coronavirus.

Les autorités et experts de la santé estiment que le gouvernement sud-coréen gère la crise sanitaire plutôt bien, contrairement à la Chine et au Japon.

Pékin est critiqué pour avoir gardé le silence au moment de l'éclatement de l'épidémie, alors que Tokyo a perdu en crédibilité aux plans national et international pour sa gestion approximative de la quarantaine du bateau de croisière amarré non loin du port de Yokohama avec 3.700 personnes à bord.

Ayant encore en tête les mauvais souvenirs du syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) en 2003 et du coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Mers) en 2015, le gouvernement a tout de suite réagi lors de l'apparition du Covid-19 en Chine en décembre dernier.

«Il est très rare de détecter de nouveaux patients dans les services de quarantaine», a fait remarquer Kim Woo-ju, spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital de l'université de Corée à Séoul. Les premier et deuxième patients du pays ont été suivis et mis en quarantaine dès leur arrivée sur le territoire national.

D'autres experts observent aussi que les KCDC ont réussi à établir des liens épidémiologiques entre tous les cas confirmés, excepté les 29e et 30e, ce qui a permis de diagnostiquer les infections très tôt. L'agence de santé a déclaré que tous les 21 patients actuellement soignés étaient dans une situation stable et leurs symptômes n'étaient pas prononcés et limités à de la fièvre et de la toux.

«La réaction initiale du gouvernement a été très bonne», a estimé Eom Joong-sik du Gil Medical Center de l'université Gachon, basé à Incheon. Le médecin a ajouté que les mesures qui ont suivi ont été bien appliquées avec la mise en place rapide de centres dans les hôpitaux à travers le pays et l'adoption de mesures d'auto-quarantaine de 14 jours par les personnes qui ont été en contact direct avec des patients.

Cependant, les autorités de santé et les experts jugent qu'il est encore trop tôt pour affirmer si le pic est passé ou non. La plupart des professionnels médicaux rejettent la théorie selon laquelle le Covid-19 disparaîtra naturellement avec le réchauffement du temps dans les mois à venir.

Jeong Eun-kyeong, chef des KCDC, a dit lors d'un point de presse quotidien que les autorités surveilleraient de très près la situation alors que le virus continue à se répandre en Chine et des cas apparaissent au Japon même sans corrélation épidémiologique.

Selon les experts, le futur du coronavirus dépendra en grande partie de l'évolution de la situation en Chine continentale. Certains vont jusqu'à prévoir que l'épidémie actuelle sera plus longue que celles du Sras et du Mers, qui ont duré respectivement deux et trois ans.

«Nous sommes arrivés à esquiver une grande balle après que la province du Hubei a été quasiment verrouillée. Mais, l'attention devra être portée sur la deuxième vague de crise au Japon qui a rapporté des cas de propagation. [...] Il pourrait y avoir de nouveaux cas en raison d'arrivées du Japon», a prévenu Eom. Il a ajouté que les efforts devaient aussi chercher à empêcher le virus de se répandre dans les foyers et les zones résidentielles.

Les 29e et 30e patients ont en fait rehaussé l'alerte des autorités de la santé car la voie de transmission du virus n'a pas été déterminée. Ils n'ont pas été en quarantaine, n'ont pas été en contact avec des patients confirmés et n'ont pas voyagé à l'étranger récemment.

Les autorités et des immunologistes en Corée du Sud ont déployé des efforts pour développer un traitement alors que des rapports indiquent que des médicaments antiviraux utilisés pour traiter le VIH sont efficaces contre le nouveau coronavirus.

Neuf patients ont été complètement guéris dans le pays. Au moins deux d'entre eux se sont vu administrer une combinaison de médicaments contre la grippe et le VIH. D'après des médecins, le Kaletra, un inhibiteur de protéase utilisé comme antiviral contre le VIH, semble avoir des effets sur le nouveau coronavirus.

Les KCDC conseillent aux médecins de donner du Kaletra deux fois par jour aux patients âgés et à ceux présentant des symptômes aigus. Ce médicament est vendu par la société pharmaceutique américaine AbbVie Inc.

xb@yna.co.kr

(FIN)

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