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La participation de Séoul au «Quad» pourrait mettre la sécurité régionale en péril, selon un conseiller sud-coréen

28.10.2020 à 10h24

WASHINGTON, 28 oct. (Yonhap) -- La participation de la Corée du Sud à une alliance militaire multilatérale similaire à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) pourrait déstabiliser plutôt que promouvoir la sécurité dans la région alors que la Chine considérera Séoul comme un ennemi, a déclaré mardi Moon Chung-in, conseiller présidentiel spécial aux affaires étrangères et à la sécurité nationale.

Moon a aussi affirmé que l'initiative américaine de former une coalition régionale contre la Chine pourrait provoquer une contre-réaction de Pékin consistant à créer une alliance avec la Russie et la Corée du Nord.

«Les Etats-Unis sont notre allié numéro un et la Chine est notre partenaire de coopération stratégique. Ainsi, notre priorité va aux Etats-Unis mais, en le faisant, nous avons certaines préoccupations», a expliqué le conseiller présidentiel sud-coréen lors d'un webinaire organisé conjointement par le Conseil de l'Atlantique à Washington et la fondation de l'Asie de l'Est à Séoul.

Moon Chung-in, conseiller présidentiel spécial aux affaires étrangères et à la sécurité nationale, prend la parole durant le forum pour la paix entre la Corée du Sud, la Chine et le Japon à l'hôtel Shilla à Séoul, le mardi 27 octobre 2020.

Washington est actuellement membre d'un dialogue quadrilatéral, appelé «Quad», qui regroupe l'Australie, l'Inde et le Japon, et cherche à consolider le dialogue régional pour construire une structure multilatérale qui, selon lui, contrera l'agression du Parti communiste chinois dans tous les domaines.

Les Etats-Unis appellent ses autres partenaires régionaux, dont la Corée du Sud, à se joindre au forum. Séoul dit que Washington n'a pas encore adressé une invitation officielle.

Le conseiller sud-coréen a fait savoir qu'une telle invitation, si elle est formulée, devrait créer un «dilemme existentiel» pour son pays.

«Si les Etats-Unis nous forcent à adhérer à un certain type d'alliance militaire contre la Chine, j'estime que cela nous posera un grand dilemme existentiel», a souligné Moon lors du séminaire en ligne.

«Supposons que nous nous joignons à un exercice militaire le long du détroit (inaudible) et (dans la) mer de Chine méridionale, la Chine nous traitera comme un ennemi», a-t-il affirmé.

Le professeur émérite de l'université Yonsei à Séoul a également argué qu'une coalition contre la Chine pourrait encourager Pékin à reprendre son aide militaire à la Corée du Nord dans le cadre d'une alliance tripartite qui pourrait inclure aussi la Russie.

«La Chine renforcera le système d'alliance tripartite méridionale impliquant la Chine, la Russie et la Corée du Nord. La Chine n'a fourni aucune aide militaire, ni armes, ni supports logistiques depuis 1958. Mais, si cela arrive, la Chine reprendra son aide d'armes militaires et supports logistiques à la Corée du Nord, y compris du pétrole», a prévu Moon.

«Ensuite, la menace conventionnelle de la Corée du Nord, en plus du nucléaire, sera davantage renforcée», a-t-il averti.

Afin de promouvoir la paix et la sécurité sur la péninsule coréenne, le conseiller spécial a dit que les pays devaient chercher à déclarer la fin officielle de la guerre de Corée au début du processus de dénucléarisation du Nord.

«Le docteur Park Jin argue que la déclaration de la fin de la guerre doit être une sortie plutôt qu'une entrée», a dit Moon, en se référant aux remarques formulées plus tôt par le député du Parti du pouvoir du peuple (PPP), principale formation d'opposition, durant le séminaire de mardi.

«Mais je pourrais répliquer de manière différente. La déclaration de la fin de la guerre doit être une entrée qui peut faciliter la dénucléarisation de la Corée du Nord et aussi l'ensemble du processus de paix dans la péninsule coréenne», a ajouté le conseiller.

Ses remarques soulignent une controverse récente concernant les intentions de Séoul.

Dans un discours du 22 septembre à l'Assemblée générale des Nations unies (ONU), le président Moon Jae-in a demandé des efforts internationaux pour mettre officiellement fin à la guerre de Corée (1950-1953) en avançant que la déclaration de la fin de la guerre ouvrira la voie vers la «dénucléarisation complète» de la Corée du Nord.

Son appel a toutefois suscité des spéculations selon lesquelles Séoul pourrait se diriger vers des concessions à l'égard du régime communiste en dépit du refus de dénucléarisation de Pyongyang et être seul à revenir à la table des négociations.

Le conseiller sud-coréen à la sécurité nationale, Suh Hoon, avait écarté ces inquiétudes en assurant que la déclaration de la fin de la guerre ne pouvait pas être traitée séparément du processus de dénucléarisation de la Corée du Nord et que la seule question en suspens est de savoir quand une déclaration du genre doit ou peut être faite.

Moon a aussi balayé les inquiétudes selon lesquelles une déclaration de la fin de la guerre pourrait aboutir à la réduction ou au changement du statut des Forces américaines en Corée du Sud (USFK)

«Le président Moon Jae-in en a parlé clairement. Le statut des Forces américaines en Corée du Sud est une question d'alliance entre Washington et Séoul. Il ne reste pas de place pour que la Corée du Nord intervienne sur cette question», a souligné le conseiller.

Si le pays communiste propose un changement du statut de l'USFK comme condition préalable à la déclaration de la fin de la guerre, «la déclaration de la fin de la guerre ne pourrait pas être adoptée», a-t-il ajouté.

mjp@yna.co.kr

(FIN)

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