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Gros plans

(FOCUS) La reprise en «K» creuse les inégalités en Corée du Sud

20.01.2021 à 09h23

SEOUL, 20 jan. (Yonhap) -- Lorsque le nouveau coronavirus (Covid-19) a fait pour la première fois son apparition en Corée du Sud il y a un an, Bang Su (nom d'emprunt) ne savait pas que cela bouleverserait soudainement sa carrière et sa vie de famille.

La professeure de Pilates a travaillé moins de deux mois l'année dernière, car des mesures de distanciation sociale ponctuelles restreignaient l'exploitation d'un centre sportif géré par la mairie de Seocho.

Deux séries de subventions de secours d'urgence d'une valeur de 2,1 millions de wons (1.897 dollars) n'ont pas été suffisantes pour la mère célibataire de 36 ans d'un fils adolescent, qui gagnait plus que la subvention par mois.

«Comme mon fils passait plus de temps à la maison pour suivre des cours en ligne, j'avais besoin de plus d'argent pour faire les courses et régler d'autres factures», a expliqué Bang à l'agence de presse Yonhap. «Je brûle mes économies, tout en essayant d'être aussi économe que possible.»

La professeure a déclaré qu'elle avait mis de côté son projet prévu d'ouvrir sa propre salle et qu'elle recherchait maintenant des emplois tout en préparant des documents pour postuler à la troisième série de fonds de secours, qui seront accordés aux freelancers et aux petits commerçants durement touchés par le virus avant le Nouvel An lunaire début février.

«Je ne sais pas quand le coronavirus prendra fin pour me permettre de revenir à la normale», a déploré Bang. «Je suis anxieuse quant à mon avenir.»

Une membre d'une association de propriétaires de salles de Pilates verse des larmes lors d'un point de presse tenu devant le bureau du Parti démocrate (PD) au pouvoir dans l'ouest de Séoul, le 5 janvier 2021, pour soulever la question de l'équité concernant les directives de distanciation sociale du gouvernement pour les installations sportives intérieures.

Bang est l'une des nombreuses personnes qui ont perdu leur emploi ou ont vu leurs revenus baisser à la suite de la pandémie qui a fait des ravages sur le marché du travail dans la quatrième économie d'Asie.

En 2020, la Corée du Sud a supprimé le plus grand nombre d'emplois depuis 1998, lorsque le pays endurait la crise financière asiatique de 1997-1998.

Le virus hautement contagieux a porté un coup plus dur aux travailleurs des entreprises axées sur les services, y compris les secteurs des voyages, de l'hôtellerie, de la vente au détail et de l'alimentation, tandis que les employés de bureau sont restés relativement épargnés car ils pouvaient travailler à domicile.

Les mesures prolongées de distanciation sociale visant à minimiser les activités des personnes ont infligé davantage de dommages aux travailleurs temporaires, dont beaucoup travaillent dans des secteurs de services à bas salaire.

Une enquête d'Embrain Public rassemblant 1.000 salariés âgés de 19 à 55 ans a montré que 36,8% des travailleurs non réguliers avaient perdu leur emploi depuis l'arrivée de la pandémie dans le pays en janvier 2020, cette proportion correspondant au double de celle des travailleurs réguliers.

«Pendant toute l'année, les secteurs des services en face à face ont subi des pertes d'emplois plus importantes, et les travailleurs temporaires, les jeunes adultes et les personnes dans la trentaine ont été fortement impactés», a indiqué Jeong Dong-myeong, un haut responsable de Statistique Corée (KOSTAT).

La triste réalité des travailleurs temporaires et des propriétaires de petites entreprises contraste fortement avec la reprise de la Bourse locale et les prix des logements soutenus par des liquidités abondantes à la suite de la baisse du taux d'intérêt directeur par la Banque de Corée (BOK) à un creux historique de 0,5% en mai de l'année dernière.

Bien que la pandémie ait entravé la demande intérieure et le marché du travail, elle s'est avérée être une bénédiction déguisée pour les personnes au portefeuille bien garni qui étaient prêtes à profiter de nouvelles opportunités d'investissement en temps de crise.

Les responsables de la Bourse de Séoul participent à une cérémonie pour marquer le dépassement de la barre des 3.000 points de l'indice de référence Kospi pour la première fois de son histoire.

Kim Dong-young, un employé de 42 ans dans une grande société informatique de Séoul, a affirmé que c'était une année lucrative, car le prix de son appartement et de ses actions ont fortement augmenté, du moins sur le papier.

Peu de temps après que la pandémie de coronavirus a frappé le pays, son entreprise a profité de ses outils numériques pour permettre aux employés de travailler à domicile à l'aide d'une application de communication de groupe et d'un système de gestion de projet basé sur le cloud.

«Comme je passais plus de temps à la maison et réduisais mes dépenses de voyage et de restauration, je pouvais économiser plus d'argent et les placer en Bourse. J'ai même contracté des prêts pour tirer parti de mon investissement», a détaillé Kim. «J'ai principalement investi dans des entreprises informatiques et de biotechnologie liées au Covid-19 et cela s'est avéré être un choix judicieux.»

Le Kospi, l'indice de référence de la Bourse de Séoul, a franchi la barre des 3.000 points pour la première fois le 6 janvier en raison des achats vigoureux des investisseurs particuliers. Rien que l'an dernier, le Kospi a bondi de 31%.

Derrière le boom se trouvaient les fabricants de puces et les opérateurs de plates-formes, qui devaient bénéficier de la transition accélérée vers l'économie numérique sans contact, ainsi que des actions dans les biotechnologies et les batteries.

Les observateurs de l'industrie estiment que la vigueur du marché boursier reflète l'anticipation d'un rebond au milieu des campagnes mondiales de vaccination, mais ils s'attendent à ce que le rythme de la reprise soit différent entre les secteurs et les entreprises, ce que l'on appelle une «reprise en K».

Les traits divergents de la lettre K représentent le sort réservé aux nantis et aux démunis après le ralentissement économique.

«Les grandes firmes sont bien préparées pour une reprise robuste, mais les petites et moyennes entreprises et les travailleurs indépendants sont limités pour s'adapter à l'évolution de l'environnement des affaires», a analysé Choo Mun-gap, un responsable de la Fédération coréenne des petites et moyennes entreprises (KBIZ).

Des gens font la queue pour assister à une présentation sur la façon de recevoir des allocations de chômage dans un centre de protection du travail à Séoul, le 13 janvier 2021

Les spécialistes du secteur affirment que les perspectives économiques de la Corée pour cette année dépendront de la capacité du gouvernement à contenir efficacement la dernière vague épidémique et à vacciner une majorité de la population.

«Le gouvernement doit tout mettre en œuvre dans les efforts antivirus afin d'empêcher la pandémie d'entraver la reprise économique et d'augmenter les dépenses budgétaires dans les mois à venir pour atténuer les retombées de la résurgence du virus pendant la saison hivernale», a déclaré l'Institut de recherche Hyundai (HRI), un groupe de réflexion privé, dans un rapport.

Concernant les préoccupations croissantes sur l'élargissement de l'écart de richesses dans l'ère post-Covid-19, le chef du Parti démocrate (PD) au pouvoir, Lee Nak-yon, a proposé la semaine dernière un programme d'intéressement aux bénéfices visant à promouvoir les sociétés lucratives partageant une partie de leurs bénéfices avec de petites entreprises vulnérables aux pertes dues à la pandémie, qui a suscité de vives réactions de la part des députés de l'opposition et du monde des affaires.

Alors que l'économie se dirige vers une reprise inégale dans la période post-pandémique, les décideurs devraient élaborer plus soigneusement des mesures de relance afin de soutenir les secteurs en difficulté et soulager le fardeau des personnes défavorisées.

«Même si le Covid-19 disparaît d'ici la fin de cette année, nous ne pouvons pas revenir à l'ère pré-pandémique», a estimé Woo Seok-jin, professeur d'économie à l'université Myongji. «Les inégalités économiques, les divisions entre les grandes entreprises et les PME ainsi qu'entre les sociétés plates-formes et les travailleurs indépendants se poursuivront même après le Covid-19.»

as26@yna.co.kr

(FIN)

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