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Interviews

Rami Hyun a photographié plus de 1.400 vétérans pour «ne jamais oublier leur sacrifice»

22.01.2021 à 11h28
(Photo fournie par Rami Hyun. Revente et archivage interdits)
(Photo fournie par Rami Hyun. Revente et archivage interdits)
Photographe Rami Hyun. (Photo fournie par Hyun. Revente et archivage interdits)

SEOUL, 22 jan. (Yonhap) -- «Les anciens combattants de la guerre de Corée encore en vie ont plus de 90 ans généralement. Je ferai de mon mieux pour rencontrer un maximum d'entre eux et les laisser en photo. Et je leur transmettrai ainsi le message "Nous n'oublierons jamais votre sacrifice".»

Le photographe Rami Hyun, 43 ans, est plus connu à l'étranger qu'en Corée, et plus parmi les personnes âgées que chez les jeunes. Il prend des photos d'anciens combattants de la guerre de Corée (1950-1953) en voyageant partout dans le monde. Sur différents réseaux sociaux, il présente pas moins de 1.400 vétérans qu'il a rencontrés aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans d'autres pays.

Récemment, il est aussi devenu célèbre chez les jeunes grâce à son apparition dans une émission de divertissement à la télévision.

«Je suis reconnaissant de l'intérêt que portent sur mes photos les jeunes générations qui n'ont pas connu la guerre», a-t-il déclaré dans une interview accordée à l'agence de presse Yonhap en ajoutant être heureux d'entendre des gens dire qu'ils ont pu partager le même sentiment avec leurs parents ou leur grand-père autour de la guerre de Corée en regardant ensemble la télévision chez eux.

Diplômé de l'Academy of Art University, basée à San Francisco, aux Etats-Unis, il se focalise depuis 2013 sur les uniformes militaires pour faire connaître le sens que revêt la tenue militaire.

Une rencontre imprévue en 2016 avec un ancien combattant étranger à une exposition de photographies sur l'uniforme militaire a été un tournant important dans sa vie de photographe.

«J'ai vu un ancien Marine américain qui a participé à la guerre de Corée se présenter. Il avait une grande fierté pour sa participation à la guerre. J'étais curieux : "Pourquoi est-il si fier d'avoir combattu pour un pays qui n'avait rien à voir avec lui-même ?"»

«L'année suivante, je me suis décidé à travailler sur des anciens combattants de la guerre de Corée habitant aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et ailleurs», a-t-il raconté. «La mission du photographe est d'enregistrer quelque chose pour les transmettre aux prochaines générations.»

Des données sur les dégâts et le nombre de morts et blessés durant la guerre de Corée abondaient mais ne parlaient pas beaucoup des personnes elles-mêmes, ce qui lui a donné la motivation pour son projet.

Au début, il a rencontré de nombreuses difficultés pour le lancer. Il a envoyé son projet et son book à différentes associations d'anciens combattants et des ambassades mais n'a pas reçu de réponse. C'est l'ambassade du Royaume-Uni qui lui a enfin répondu et il a pu ainsi lancer le premier volet de son projet en juillet 2017.

Depuis, les portes se sont ouvertes petit à petit et il a voyagé dans plus de 20 Etats américains comme ceux de Washington, New York et Californie et dans différentes régions britanniques. Il a ainsi pu rencontrer plus de 1.000 vétérans. En 2018, l'Association américaine des anciens combattants de la guerre de Corée (Korean War Veterans Association) lui a accordé une autorisation officielle de faire des photos, reconnaissant sa sincérité.

«La plupart d'entre eux avaient du mal à se déplacer. J'ai donc dû aller les voir moi-même. J'enregistre en photographie des anciens combattants en tenue militaire et leur vie d'aujourd'hui avant de leur offrir le portrait et le calendrier (composé de leurs portraits)», a-t-il expliqué.

Il a vendu son studio de photographie pour s'assurer le budget nécessaire à son travail comme l'achat de billets d'avion et de cadres mais la situation s'est améliorée récemment grâce à l'augmentation des aides fournies par des entreprises et civils.

«Nombreux d'entre eux ont dit être touchés par le fait que je suis venu les voir sans oublier», a dit Hyun. «L'un d'entre eux m'a dit que je n'avais plus besoin de les remercier. Ceux qui jouissent de la liberté ont l'obligation de défendre la liberté de ceux qui en sont privés, a-t-il dit. Cela m'a beaucoup marqué.»

L'année dernière, son projet qu'il continuait aux Etats-Unis s'est heurté à des obstacles à cause de la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19). Avec les restrictions de déplacement, il a dû rentrer en Corée en octobre dernier et photographie aujourd'hui des anciens combattants coréens.

Le temps presse pour Hyun. Il a encore beaucoup de vétérans à rencontrer mais il n'est pas toujours facile de les contacter, des institutions compétentes ne donnant pas leurs coordonnées à cause de la question de la protection des informations personnelles.

«Pour qu'un plus grand nombre de personnes puissent connaître ceux qui ont combattu sur cette terre au risque de leur vie, j'enregistrerai autant de personnes que possible», a-t-il assuré en faisant part de son souhait de contribuer à la création d'un environnement social où les soldats peuvent être fiers.

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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