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(Interview Yonhap) Séoul est prêt à fournir une quantité «importante» de nourriture et d'engrais au Nord, selon le ministre de l'Unification

23.03.2021 à 10h29

SEOUL, 23 mars (Yonhap) -- La Corée du Sud est prête à fournir une aide «importante» en nourriture et en engrais au Nord, a déclaré ce mardi le ministre de l'Unification Lee In-young, soulignant que les échanges humanitaires contribueront à faire avancer le processus de paix bloqué et faire progresser la situation des droits de l'Homme à Pyongyang.

Dans une interview conjointe avec l'agence de presse Yonhap et Yonhap News TV, Lee a également exprimé l'espoir que Washington soutienne les efforts de Séoul pour une telle coopération transfrontalière et a exhorté Pyongyang à adopter une position «ouverte d'esprit» envers l'offre d'aide du Sud.

«La paix garantit un plus grand nombre de droits humains. La coopération humanitaire peut améliorer considérablement la situation des droits humains au Nord. Grâce aux échanges, nous pouvons ouvrir la porte à une amélioration plus grande et plus naturelle de la situation des droits humains au Nord», a souligné Lee.

Tant qu'il y aura un consensus social et un besoin de coopération humanitaire au sein de la communauté internationale, Lee a affirmé que le gouvernement ne devrait pas hésiter à faire des efforts pour fournir une assistance «autant que nos capacités le permettent».

«Etant donné que le budget de cette année comprend des fonds pour la coopération humanitaire et liée aux moyens de subsistance en matière de nourriture ou d'engrais, je peux dire que nous sommes prêts à tout moment à coopérer avec la Corée du Nord de manières pas si petite et importante», a-t-il indiqué.

Le ministre de l'Unification Lee In-young.

Lee a sollicité un soutien des Etats-Unis et un changement de posture de la Corée du Nord sur la question des échanges transfrontaliers dans le secteur humanitaire.

«Si les Etats-Unis soutiennent notre rôle en matière de coopération humanitaire et que le Nord ne le considère pas non plus comme une question non fondamentale et adopte une position d'ouverture d'esprit, je pense que cela pourra contribuer à créer des conditions plus favorables au dialogue entre le Nord et aux Etats-Unis», a-t-il soutenu.

Les pénuries alimentaires chroniques qui frappent le royaume ermite sont bien connues et la pénurie semble s'aggraver en raison des retombées des inondations de l'année dernière et des contrôles prolongés aux frontières mis en place pour conjurer la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19).

Séoul fait pression pour la fourniture d'une aide humanitaire et d'une coopération dans le secteur de la santé publique, y compris des efforts conjoints pour lutter contre la propagation du Covid-19, comme moyen de relancer les relations intercoréennes bloquées.

Pyongyang a cependant rejeté les offres d'aide, décrivant les échanges transfrontaliers dans les domaines humanitaire et de la santé publique comme des problèmes «non fondamentaux» dans les relations intercoréennes.

Les perspectives des relations intercoréennes se sont assombries la semaine dernière lorsque Kim Yo-jong, la puissante sœur du leader Kim Jong-un, a publié une déclaration aux termes sévères critiquant la Corée du Sud pour avoir poursuivi ses exercices militaires conjoints de printemps avec les Etats-Unis.

Elle a menacé de mettre fin à l'accord militaire intercoréen visant à apaiser les tensions et de dissoudre l'organe du Parti du travail chargé de gérer les affaires et le dialogue transfrontaliers.

La Corée du Sud et les Etats-Unis ont conclu la semaine dernière leurs exercices militaires impliquant un «niveau minimum de troupes» sur fond de coronavirus. Séoul avait également appelé à une approche «sage» et «flexible» de manière à ce que les exercices combinés n'augmentent pas les tensions transfrontalières.

Lee a pris note du fait que les tensions militaires transfrontalières n'ont pas beaucoup augmenté pendant les exercices militaires combinés, affirmant que les efforts de Séoul semblent avoir joué un rôle.

Quant à la déclaration de Kim Yo-jong, Lee a exprimé ses regrets, affirmant que Pyongyang aurait dû comprendre l'effort de bonne volonté de Séoul et essayer de trouver un terrain d'entente par le dialogue, et non par des menaces.

«Il pourrait y avoir des divergences de vue entre le Sud et le Nord, c'est pourquoi nous devons nous rencontrer et dialoguer afin de trouver des solutions judicieuses», a-t-il déclaré. «Je pense que nous pouvons construire notre avenir d'une manière plus positive si l'on respecte et garde les bonnes manières pour l'autre et son peuple.»

Le ministre de l'Unification Lee In-young (au centre).

Lee espérait que les Etats-Unis interpellerait le Nord «à une date rapprochée», affirmant que la vitesse était aussi importante que la direction. Il a également dit souhaiter que le nouveau gouvernement américain du président Joe Biden reflète suffisamment l'initiative de paix de Séoul dans son examen de la politique nord-coréenne en cours, qui devrait être finalisé dans quelques semaines.

«La vitesse et la direction sont toutes deux importantes», a fait valoir Lee. «Je pense que ce serait un signe positif si une telle politique d'engagement centrée sur des solutions diplomatiques (à l'égard de la Corée du Nord) se concrétise rapidement.»

«Cela aurait également une signification très importante et positive si (Washington) exprimait suffisamment son soutien et son intention de coopérer avec le processus de paix de notre gouvernement dans la péninsule coréenne», a-t-il ajouté.

Les pourparlers sur le nucléaire sont dans l'impasse depuis le sommet entre les deux pays en 2019 qui s'est soldé par un échec, car ils ne sont pas parvenus à s'entendre sur la manière de faire correspondre les mesures de dénucléarisation de Pyongyang et l'allégement des sanctions de Washington.

Lee a exhorté Washington et Pyongyang à accepter des pourparlers même s'ils ne sont pas satisfaits à 100% des conditions.

«Même s'ils ne sont pas satisfaits à 100%, mais à 70-80% seulement, ils doivent accepter des discussions», a-t-il appuyé. «Ils devraient dialoguer de manière flexible et à cœur ouvert. Se débarrasser de l'hostilité peut commencer par un dialogue et se terminer par des négociations.»

Washington a déclaré plus tôt qu'il avait contacté la Corée du Nord pour des discussions mais que Pyongyang restait muet.

Jeudi, la première vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Choe Son-hui, a confirmé que les Etats-Unis avaient sollicité des pourparlers, mais a souligné que le Nord continuerait d'ignorer tout contact à moins que Washington ne retire sa politique hostile à son encontre.

Sa déclaration est intervenue alors que le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et le secrétaire à la Défense Lloyd Austin étaient à Séoul pour des entretiens avec leurs homologues sud-coréens afin de discuter d'une stratégie coordonnée sur la Corée du Nord.

Lee a indiqué que Pyongyang et Washington semblaient avoir commencé à sonder les intentions de l'autre, affirmant que ce n'était qu'un début.

as26@yna.co.kr

(FIN)

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