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Gros plans

(FOCUS) Kim Jong-un a consolidé sa position d'un «grand leader» en 10 ans

21.11.2021 à 16h30
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un prononce un discours à la 3e réunion étendue du bureau politique du 8e Comité central du Parti du travail de la Corée du Nord, le jeudi 2 septembre 2021, au siège du parti à Pyongyang. Kim a ordonné l'élaboration de mesures préventives méticuleuses contre le nouveau coronavirus (Covid-19), d'après un rapport de l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA). (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un visite la ville de Samjiyon où un grand projet de développement se déroule, a rapporté le mardi 16 novembre 2021 l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA). Il s'agit de sa première activité publique en 35 jours. (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)

SEOUL, 21 nov. (Yonhap) -- L'arrivée au pouvoir de Kim Jong-un en Corée du Nord remonte au 30 décembre 2011, avec sa nomination au poste de commandant suprême de l'Armée populaire de Corée (APC), 13 jours après le décès de son père et ancien leader Kim Jong-il. Il était âgé de 27 ans quand il a pris le gouvernail du pays.

Aujourd'hui, Kim est devenu un dirigeant confirmé dont l'autorité s'est consolidée au fil de son parcours de 10 ans mettant la priorité sur le rôle du Parti du travail dans les affaires d'Etat au lieu de la politique laissant la priorité à l'armée appelée «Seongun» longuement soutenue par son père. Sous la gouvernance de Kim Jong-il, il était rare de voir les activités du Parti du travail notamment les réunions plénières ou du politburo.

◇ Politique axée sur le Parti du travail et accompagnée de purges

Dès le début de son investiture, Kim Jong-un s'est orienté vers une gouvernance du pays s'appuyant sur des consultations avec des membres du Parti du travail pour toutes les activités significatives comme les sommets intercoréens ou avec le président des Etats-Unis et les décision de politiques internes et sud-coréennes.

La direction de Kim Jong-un s'est effectuée au travers des décisions du Parti du travail. Le 6e Congrès du Parti tenu en 2016 était assez symbolique. Kim a organisé cette réunion plénière interrompue depuis 35 ans et n'a pas hésité à s'exprimer lors des événements clés. Il a même reconnu à plusieurs reprises des erreurs de la direction dans la gestion du pays.

Cela a accompagné le changement d'image du leader nord-coréen, dont les purges au sein de l'armée ont accompagné l'assise de son autorité. Le limogeage du chef d'état-major de l'APC, Ri Yong-ho en juillet 2012, l'exécution de son oncle Jang Song-thaek en décembre 2013 et l'assassinat de son demi-frère Kim Jong-nam en février 2017 se sont succédés durant ses premières années au pouvoir.

Lors de sa cinquième année en tant que leader, il est devenu président du Parti du travail à l'occasion 7e Congrès du Parti tenu en mai 2016 alors qu'il endossait le rôle de président de la Commission des affaires de l'Etat, une nouvelle entité de gouvernance, en abolissant la Commission de défense instaurée à l'ère de Kim Jong-il.

Jang Song-thaek, l'oncle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, est maintenu par deux hommes avec les mains liées lors d'un procès militaire spécial mené par l'Agence de sécurité nationale. Il a été condamné à la peine de mort pour des actes anti-parti et anti-révolutionnaires et a été exécuté immédiatement, a rapporté le 13 décembre 2013 l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA). (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)

◇ Un pas vers le statut de véritable leader avec des armes nucléaires

En 2019, par une révision de la Constitution, Kim a également accédé au statut de chef de l'Etat jusqu'alors dévolu au président permanent du présidium de l'Assemblée populaire suprême (APS). Ensuite, lors du 8e Congrès du Parti du travail en janvier dernier, il a été nommé secrétaire général du Parti bien que le titre ait été éternellement attribué à son père Kim Jong-il par la Constitution.

Tout récemment, l'appellation «suryong» (soit le grand chef ou leader en coréen) est de plus en plus utilisée en Corée du Nord pour désigner Kim Jong-un. Le titre de «grand chef» était traditionnellement réservé au fondateur du pays ermite, Kim Il-sung, et à son fils Kim Jong-il.

L'appellation «suryong» en Corée du Nord désigne l'unique personne capable de guider le peuple vers un monde idéal. Alors que Kim Jong-un fêtera en décembre la 10e année depuis son arrivée au pouvoir, ce terme fréquemment usité dans le quotidien officiel du Parti au travail, Rodong Sinmun, viserait à renforcer la loyauté à l'égard de l'actuel leader.

Au cours de ces 10 années, Kim Jong-un est parvenu à effectuer un changement générationnel au sein des élites ainsi qu'à placer les armées sous le contrôle du Parti du travail. L'adoption de sa politique présentée en 2013 consistant a mené conjointement le développement nucléaire et économique, n'a pas eu les effets escomptés malgré l'introduction de systèmes de marché libre et l'installation de zones économiques spéciales.

Les sanctions alourdies de la communauté internationale dans le sillage des quatre essais nucléaires du Nord ainsi que de ses tests de missiles balistiques intercontinentaux puis les récents tirs d'essais de missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS) ont miné les tentatives de redressement économique du royaume ermite.

◇ Marche en avant vers l'économie

Avec l'achèvement de ses essais nucléaires, Kim a déclaré l'accomplissement par le Nord du développement d'armes nucléaires le 29 novembre 2021 puis a tourné la page de sa politique consistant à faire progresser de concert les domaines nucléaire et économique. Malgré, ce tournant économique et l'ouverture vers le monde extérieur en organisant trois sommets intercoréens et deux sommets avec l'ancien président américain Donald Trump, les résultats se sont avérés décevants.

Suite à l'échec du 2e sommet avec Trump tenu à Hanoï au Vietnam en février 2019 ainsi qu'aux rencontres de niveau de travail à Stockholm en Suède en octobre de la même année, Pyongyang reste muet jusqu'à aujourd'hui malgré les appels au dialogue de la Corée du Sud et des Etats-Unis.

De plus, l'éclatement de la crise du nouveau coronavirus (Covid-19) a représenté un lourd fardeau pour Kim Jong-un. La Corée du Nord a complètement fermé ses frontières et les échanges avec la Chine se sont réduits comme peau de chagrin. Les catastrophes naturelles, les pénuries alimentaires et les sanctions internationales de longue date forment un triangle de souffrances pour le peuple nord-coréen.

Au bout de 10 ans sur la trône, il est temps pour Kim Jong-un de choisir une autre voie afin de sortir de ces difficultés alors que l'administration sud-coréenne de Moon Jae-in reste ouverte au dialogue en proposant de déclarer officiellement la fin de la guerre de Corée (1950-1953) qui s'est soldée par une trêve et non un traité de paix.

Kim Jong-un a récemment remis l'accent sur la volonté de l'Etat à parvenir à une nation prospère «avec leurs propres forces et moyens» lors de sa visite à Samjiyon à la mi-novembre pour inspecter les progrès du projet de développement urbain de la ville natale de son père et de son grand-père.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un assiste le jeudi 14 janvier 2021 à une parade militaire organisée sur la place Kim Il-sung à Pyongyang pour célébrer le 8e Congrès du Parti du travail, rapporte le lendemain l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA). (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump échangent une poignée de main à l'hôtel Sofitel Legend Metropole à Hanoï, le mercredi 27 février 2019, a rapporté le lendemain l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA). (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)
Le président Moon Jae-in (à dr.), le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un (au centre) et le président américain Donald Trump se rencontrent le dimanche 30 juin 2019 au village de la trêve de Panmunjom.

jhoh@yna.co.kr

(FIN)

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