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Gros plans

(FOCUS) La réduction des impôts fait craindre un risque pour la santé budgétaire

16.06.2022 à 15h43
Le président Yoon Suk-yeol prend la parole lors d'une réunion sur la grande ligne de la politique économique du nouveau gouvernement au Business Growth Center de Pangyo 2nd Techno Valley, dans la province du Gyeonggi, le jeudi 16 juin 2022.
Le premier vice-ministre de l'Economie et des Finances, Bang Ki-seon, prend la parole lors d'une conférence de presse sur la direction de la politique économique du nouveau gouvernement, le jeudi 16 juin 2022, au complexe gouvernemental à Sejong.

SEOUL, 16 juin (Yonhap) -- Le plan de réduction des impôts vise à soutenir la croissance économique tirée par le secteur privé, mais cette décision jettera probablement un doute sur la capacité du gouvernement à atteindre l'objectif conflictuel d'améliorer la santé budgétaire.

La campagne de réduction d'impôts devrait également susciter la controverse quant à son effet politique, car seuls les riches et les conglomérats pourraient profiter d'un tel avantage fiscal. L'administration Yoon Suk-yeol a annoncé ce jeudi son nouveau plan de politique économique axé sur la déréglementation et les réductions d'impôts dans le but d'encourager davantage d'entreprises à accroître leurs investissements et à créer des emplois.

Le gouvernement de l'ancien président progressiste Moon Jae-in s'est concentré sur la croissance économique menée par l'Etat avec des dépenses budgétaires massives et a augmenté les impôts sur les sociétés et l'immobilier afin de promouvoir une fiscalité équitable. L'élément clé du plan de réduction d'impôt est d'abaisser le taux maximum de l'impôt sur les sociétés à 22%, contre 25% actuellement.

Des groupes de pression d'entreprises ont appelé le gouvernement à réduire l'impôt sur les entreprises, affirmant que les firmes coréennes supportaient des charges fiscales plus lourdes que leurs rivales dans les principaux pays. En 2021, le taux maximal moyen d'imposition des sociétés s'élevait à 21,5% dans les 38 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le taux correspondant des pays avancés du Groupe des sept (G7) était de 20,9%.

Le gouvernement prévoit d'alléger le fardeau du paiement des taxes immobilières, en particulier pour les propriétaires d'un seul logement. Il vise également à supprimer l'impôt sur les plus-values sur les ventes d'actions locales, sauf dans le cas des principaux actionnaires, et à réduire la taxe sur les transactions boursières.

Cependant, la politique en faveur de la réduction des impôts va à l'encontre de l'objectif déclaré du gouvernement d'améliorer la solidité budgétaire face à l'augmentation de la dette nationale. Yoon a promis des efforts visant à renforcer la santé budgétaire, car la dette nationale a augmenté à un rythme plus rapide sous l'ancien gouvernement Moon en raison des dépenses budgétaires expansionnistes pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

La dette nationale devrait dépasser la barre des 1.000.000 de milliards de wons (778 milliards de dollars) pour la première fois cette année. La dette souveraine s'élèvera probablement à 1.068.800 de milliards de wons et le ratio dette/PIB devrait atteindre 49,7%, selon la dernière estimation du ministère.

La Corée du Sud est également confrontée à une pression croissante sur les finances publiques, car son taux de natalité chroniquement bas et son vieillissement rapide augmenteront considérablement les coûts sociaux à long terme. Le pays a établi un budget supplémentaire record de 62.000 milliards de wons le mois dernier pour soutenir les commerçants touchés par la pandémie. Le budget sera principalement financé par l'essentiel des recettes fiscales excédentaires estimées à 53.300 milliards de wons pour cette année.

Le plan de baisse des impôts se traduira inévitablement par une baisse des recettes fiscales. Le gouvernement avait précédemment prévu que les recettes fiscales atteindraient 396.600 milliards de wons cette année et la collecte de l'impôt sur les sociétés s'élèverait probablement à 104.100 milliards de wons. Le gouvernement a affirmé que si les réductions d'impôts aidaient les entreprises à accroître leurs investissements et à créer des emplois, les recettes fiscales pourraient gagner du terrain conformément à la croissance économique tirée par le secteur privé.

«Le gouvernement cherche une réduction des impôts d'une manière qui ne porte pas atteinte à la santé budgétaire, et fera également des efforts pour réduire les dépenses», a expliqué lundi le premier vice-ministre de l'Economie et des Finances, Bang Ki-sun, lors d'un point de presse. Certains experts ont exprimé leur inquiétude quant au fait que le nouveau plan de politique économique manque relativement de mesures pour réduire les inégalités de revenus et atténuer les difficultés économiques auxquelles sont confrontés les citoyens ordinaires.

L'économie sud-coréenne est confrontée à un risque croissant de stagflation, un mélange de ralentissement de la croissance et de forte inflation, en raison d'une incertitude extérieure accrue. Séoul a abaissé ses perspectives de croissance économique pour 2022 à 2,6% par rapport à son estimation de décembre de 3,1%. Le ministère a fortement relevé les perspectives d'inflation de cette année à un sommet de 14 ans de 4,7% contre 2,2%.

Woo Seok-jin, professeur d'économie à l'université Myongji, a noté que le gouvernement devait plutôt augmenter les dépenses budgétaires pour soutenir les citoyens ordinaires et les petites entreprises aux prises avec une inflation élevée. «Je pense que le gouvernement pourrait réduire l'impôt sur les sociétés pour se conformer aux normes mondiales. Mais je ne pense pas que ce soit le bon moment», a-t-il déclaré.

as26@yna.co.kr

(FIN)

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